Si vous êtes artisan, vous vous faites démarcher pour un site internet à peu près toutes les semaines. Par téléphone, par mail, par des gars qui sonnent à l’atelier. Et quelque part, vous vous dites : « Encore un. Comment je sais si c’est du sérieux ou si je vais me faire avoir ? »
Vous avez raison de vous poser la question. Les arnaques au site internet existent, elles sont nombreuses, et elles touchent des artisans dans le Haut-Rhin comme partout. Votre méfiance n’est pas de la paranoïa, c’est du bon sens.
Alors cet article ne va pas vous dire « faites-moi confiance ». Ce serait facile, et c’est exactement ce que dirait quelqu’un de malhonnête. Il va vous donner les outils pour démasquer une arnaque tout seul — face à n’importe quel prestataire, moi compris. Parce qu’un vendeur honnête n’a aucun problème à vous donner les questions qui font fuir les autres.
Les pièges les plus courants
Voici ce qui arrive vraiment aux artisans. Pas des histoires pour faire peur — des mécaniques qui se répètent.
Le contrat longue durée déguisé. On vous présente un « petit abonnement » de 150 € par mois. Ça paraît raisonnable. Ce qu’on ne souligne pas, c’est que l’engagement est sur 48 mois. Faites le calcul : 150 € fois 48, ça fait 7 200 € pour un site vitrine. Et impossible d’arrêter avant la fin sans payer le reste.
Le domaine pris en otage. Votre nom de domaine — l’adresse de votre site, du genre votre-nom.fr — est mis au nom de l’agence au lieu du vôtre. Tant que tout va bien, vous ne le voyez pas. Le problème arrive le jour où vous voulez partir (j’y reviens, c’est le piège le plus vicieux).
Le « référencement Google garanti ». Personne ne peut garantir une position sur Google. Personne. C’est Google qui décide, avec ses propres règles, et aucun prestataire au monde n’a la main dessus. Quand on vous promet « la première page garantie », on vous ment, point.
Le site qu’on ne peut pas récupérer. Vous payez pendant deux ans, vous décidez d’arrêter, et là vous découvrez que le site s’éteint complètement. Vous ne pouvez rien emporter : ni les pages, ni les textes, ni même les photos que vous aviez fournies. Tout disparaît parce que vous n’avez jamais rien possédé.
Le piège que les artisans voient trop tard
Celui-là mérite qu’on s’arrête dessus, parce que c’est le plus douloureux.
Imaginez. Ça fait deux ans que vous avez votre site. Votre adresse — votre-nom.fr — elle est sur vos cartes de visite, sur le flanc de votre camionnette, sur vos devis. Tout le monde vous connaît par cette adresse.
Un jour, vous décidez de changer de prestataire, ou simplement d’arrêter. Et c’est à ce moment-là, seulement, que vous l’apprenez : ce nom de domaine ne vous appartient pas. Il est au nom de l’agence. Vous ne pouvez pas l’emmener ailleurs. Soit vous repartez de zéro avec une nouvelle adresse — et vous refaites imprimer les cartes, et le flocage de la camionnette, et vous prévenez tout le monde — soit vous payez pour récupérer ce que vous pensiez être à vous depuis le début.
À cette seconde-là, vous comprenez que vous n’étiez pas propriétaire. Vous étiez locataire. Et vous n’aviez pas lu les petites lignes.
C’est pour ça que la question de la propriété du domaine n’est pas un détail technique. C’est ce qui décide si vous êtes libre ou coincé.
Les 5 questions à poser avant de signer quoi que ce soit
Vous n’avez pas besoin d’être un expert en informatique pour vous protéger. Vous avez besoin de cinq questions. Posez-les à n’importe quel prestataire, écoutez la réponse, et surtout regardez s’il répond clairement ou s’il devient flou.
1. Le nom de domaine sera à quel nom — le mien ou le vôtre ?
La seule bonne réponse, c’est le vôtre. S’il y a la moindre hésitation, vous savez quoi faire.
2. Qu’est-ce qui se passe si j’arrête ?
Un prestataire honnête vous répond du tac au tac : voilà ce que vous récupérez, voilà combien de temps le site reste en ligne, voilà comment on vous rend vos contenus. Si la réponse est vague, c’est qu’il y a quelque chose qu’on ne veut pas vous dire.
3. Combien de temps dure l’engagement ?
Vous voulez un chiffre clair. « Sans engagement » ou « résiliable à tout moment », c’est rassurant. « 48 mois », beaucoup moins.
4. Le prix total, tout compris, c’est combien ?
Pas le prix par mois qui a l’air petit. Le total. Faites multiplier devant vous si besoin.
5. Qui décroche le jour où j’ai un problème ?
Une vraie personne, joignable ? Ou un service client à l’autre bout du pays qui met trois semaines à répondre ?
Si un prestataire répond à ces cinq questions sans transpirer, c’est déjà très bon signe. S’il tourne autour du pot sur une seule, prenez le temps de réfléchir.
Ce que vous devriez attendre, peu importe qui vous choisissez
Un prestataire correct, ça ressemble à ça : votre domaine est à votre nom dès le départ. Vos contenus — vos photos, vos textes — vous appartiennent et vous sont rendus gratuitement si vous partez. Le prix est annoncé en face, clairement, sans abonnement piège. Et si un jour vous voulez arrêter, c’est possible proprement, sans devoir racheter ce qui était déjà à vous.
Voilà le standard. Que vous me choisissiez moi ou quelqu’un d’autre, exigez-le.
C’est exactement là-dessus que je travaille chez ZAMweb, pour les artisans de Cernay, Mulhouse, Colmar et autour : domaine à votre nom, contenus rendus, prix fixe, pas d’engagement qui vous coince. Si vous voulez me poser ces cinq questions en face et voir comment je réponds, je me déplace, écrivez-moi ici.
Et si la vraie raison de votre hésitation, c’est plutôt le prix, ou l’idée que votre neveu pourrait s’en charger, j’en parle sans détour dans cet article sur le prix d’un site quand on est artisan dans le coin et celui sur le neveu qui propose de faire le site.